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« QUE CESSE L’OCCUPATION ! » PAJU No 836, 17 février 2017: Netanyahou ne pourra pas faire un « deal » avec Trump

Date de publication : 2017-02-17

par Akiva Eldar le 14 février 2017

Traduit par Ruti Sinai

L’engagement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à l’égard de la solution des deux États varie en fonction du public ou de la personne auquel il essaie de plaire et il ne pourrait pas le défendre lors de sa réunion du 15 février à la Maison-Blanche, même s’il le voulait. Le premier ministre soutient qu’il appuie la solution de deux États, c’est-à-dire l’établissement d’un État palestinien aux côtés d’Israël, comme il l’a déclaré dans son discours à Bar-Ilan de 2009. Lors de leur réunion du 15 février à Washington, Netanyahou tentera de convaincre le président Trump que ceux qui torpillent la solution de deux États, ce sont les Palestiniens, qui refusent de reconnaître Israël comme l’état du peuple juif, et non pas les Israéliens qui les ont maintenus sous occupation pendant 50 ans et volé leurs terres.

Netanyahou ne pourra pas faire un « deal » avec Trump

L’engagement du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à l’égard de la solution des deux États varie en fonction du public ou de la personne auquel il essaie de plaire et il ne pourrait pas le défendre lors de sa réunion du 15 février à la Maison-Blanche, même s’il le voulait.

Le premier ministre soutient qu’il appuie la solution de deux États, c’est-à-dire l’établissement d’un État palestinien aux côtés d’Israël, comme il l’a déclaré dans son discours à Bar-Ilan de 2009. Lors de leur réunion du 15 février à Washington, Netanyahou tentera de convaincre le président Trump que ceux qui torpillent la solution de deux États, ce sont les Palestiniens, qui refusent de reconnaître Israël comme l’état du peuple juif, et non pas les Israéliens qui les ont maintenus sous occupation pendant 50 ans et volé leurs terres.

Déjà, lors de leur premier appel téléphonique après la victoire de Trump, Netanyahou a essayé de convaincre le président élu que le processus de paix était bloqué en raison du refus palestinien de prononcer la formule magique « Israël est la patrie du peuple juif ». C’est cacher le fait que Netanyahou arrivera à la Maison-Blanche sans mandat de son gouvernement pour un plan menant à un accord diplomatique avec les Palestiniens. Il n’a pas demandé à ses ministres ni reçu aucune approbation à un quelconque plan des États arabes, plan auquel Trump a fait référence dans une interview avec Israël Hayom publié le 12 février. En ce qui concerne le président palestinien Mahmoud Abbas, reconnaître Israël comme la patrie du peuple juif équivaut à aliéner 1,5 million d’Arabes d’Israël. Face à lui, le partenaire de la coalition de Netanyahou, Naftali Bennett, président de HaBayit HaYehudi, a menacé de prononcer les mots « État palestinien » dans le Bureau ovale, ce qui déclencherait un séisme politique.

Lors des élections de mars 2015, Netanyahou s’est présenté comme seule force capable de bloquer les tentatives de la gauche d’établir un État palestinien et de remettre des territoires aux forces islamistes radicales. « Si vous êtes premier ministre, un État palestinien ne sera pas établi? », persiste un intervieweur. Netanyahou a simplement répondu, « En effet. »

À peine deux mois plus tard, Netanyahou revêtit une fois de plus les vêtements invisibles de l’empereur. Le premier ministre a déclaré au chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Federica Mogherini, lors d’une visite à Jérusalem qu’il ne croyait pas en une solution à un seul État pour les deux peuples et qu’il appuyait la création d’un État palestinien. Il a accusé les Palestiniens de refuser de reconnaître Israël comme patrie du peuple juif et de bloquer l’avancement des négociations. Il ne reste plus qu’à choisir l’une des deux options : perpétuer la règle d’un peuple imposée à un autre et annuler ainsi le caractère démocratique de l’État ou annexer tous les territoires occupés et accorder des droits égaux à tous les habitants de l’état. Netanyahou est assis sur la clôture en ne choisissant pas et faisant de sa survie personnelle sa raison d’être. Sous ses yeux, la réalité démographique rend Israël l’occupant, un État moins juif, et la réalité politique rend Israël moins démocratique.

L’interprétation nationaliste de la droite des mots « État juif » encourage la diabolisation des juifs qui refusent de marcher sur le chemin de la droite et nourrit la haine des autres. Le nationalisme juif est utilisé par le gouvernement Netanyahou-Bennett-Miri Regev pour briser la démocratie et l’égalité. Ainsi, le « camp national » dirigé par Netanyahou élimine les fondements de la bonne vieille vision sioniste.

Les colons de droite transformant Israël en un État binational ont un partenaire loyal dans la gauche non sioniste. Lors du rassemblement mixte juif arabe tenu à Tel-Aviv le 4 février, j’ai rencontré de nombreux militants de gauche qui ont perdu tout espoir d’une solution à deux États. Ils ont encouragé le leader de la Liste commune, le membre de la Knesset Ayman Odeh, qui a appelé à remplacer le camp sioniste (dont les représentants de la Knesset s’absentent de l’événement) par le « camp démocrate. » La différence entre Odeh et Netanyahu est que le premier propose d’octroyer des droits politiques égaux aux juifs et aux Palestiniens vivant pacifiquement dans un État, alors que le premier ministre croit que le peuple juif devra vivre à jamais par l’épée, et que la démocratie est damnée.

Adapté de: http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/02/israel-benjamin-netanyahu-ayman-odeh-judaism-democracy-rally.html#ixzz4YmtEHMeG

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