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« QUE CESSE L’OCCUPATION ! » PAJU No 890, 2 mars 2018: « En Israël, le développement d’un fascisme et d’un racisme s’approche des premières heures du nazisme »

Date de publication : 2018-03-02

Après avoir lu l’article ci-dessous, je vous invite à réfléchir sur la doctrine nazie de l’aryanisme qui affirmait que les juifs n’avaient aucune « relation de sang » intrinsèque avec le sol allemand (la notion fasciste de « sang et terre ») étant non aryenne, et l’analyse de Zeev Sternhell de la doctrine raciste similaire qui a pris racine en Israël.

Bruce Katz

Palestiniens et Juifs unis

« En Israël, le développement d’un fascisme et d’un racisme s’approche des premières heures du nazisme », dénonce l’historien israélien Zeev Sternhell « Je me demande souvent comment un historien, dans 50 ou 100 ans, analysera la présente période. Il voudra savoir quand en Israël on a commencé à réaliser que l’État créé par la Guerre d’Indépendance, sur les ruines des communautés juives d’Europe et au prix du sang de combattants dont certains étaient des survivants du génocide, avait dégénéré en une véritable monstruosité pour ses habitants non juifs.»

« En Israël, le développement d’un fascisme et d’un racisme s’approche des premières heures du nazisme »

« Je me demande souvent comment un historien, dans 50 ou 100 ans, analysera la présente période. Il voudra savoir quand en Israël on a commencé à réaliser que l’État créé par la Guerre d’Indépendance, sur les ruines des communautés juives d’Europe et au prix du sang de combattants dont certains étaient des survivants du génocide, avait dégénéré en une véritable monstruosité pour ses habitants non juifs.

« Quand ces Israéliens ont-ils compris que leur cruauté et leur capacité à brutaliser l’autre, palestinien ou africain, avaient sapé la légitimité morale de leur existence en tant qu’entité souveraine?»

«La réponse, se dira peut-être notre historien, est nichée dans les actions de parlementaires tels que Miki Zohar ou Bezalel Smotrich, et dans les projets de lois de la ministre de la Justice Ayelet Shaked. La loi sur l’État-nation qui semble avoir été rédigée par les pires les ultranationalistes européens, n’en était que l’amorce. Alors que la gauche ne l’a même pas dénoncée au cours des manifestations à Tel-Aviv sur le boulevard Rothschild, on peut considérer que c’est là que le premier clou a été enfoncé dans le cercueil du vieil Israël, celui dont la Déclaration d’Indépendance qui demeurera une attraction de musée. Cette relique archéologique renseignera le visiteur sur ce qu’Israël aurait pu être s’il n’avait pas été désintégré par la déchéance morale portée par l’occupation et l’apartheid dans les territoires.»

« La gauche n’est plus capable de vaincre la toxicité de l’ultranationalisme qui a envahi ce pays, celui dont la souche européenne avait quasiment exterminé la majorité du peuple juif. Les entretiens que le journaliste de Haaretz Ravit Hecht a réalisés de Smotrich et Zohar (numéros du 3 décembre 2016 et du 28 octobre 2017) devraient être relayées par tous les médias en Israël et dans le monde juif. Dans chacune de ces entrevues, on n’y voit pas que la progression d’un fascisme israélien, mais carrément celle d’un racisme voisin du nazisme à ses débuts.»

« Comme toute idéologie, la théorie raciale des nazis s’était développée sur plusieurs années. Dans un premier temps, elle se satisfaisait de priver les juifs de leurs droits humains et civiques. Il est d’ailleurs possible que sans la Deuxième Guerre mondiale, la « question juive » se soit soldée par l’expulsion sur une base pseudo volontaire des habitants juifs du territoire du Reich. Après tout, la majorité des juifs d’Autriche et d’Allemagne ont réussi à partir à temps.» C’est peut-être le sort qui attend les Palestiniens.

« De fait, Smotrich et Zohar vous disent qu’ils n’ont pas envie de s’en prendre physiquement aux Palestiniens, pourvu que ces derniers acceptent de ne pas se révolter contre leurs maîtres juifs. Ils ne veulent que leur interdire l’exercice de leurs droits humains fondamentaux, tel celui de se gouverner eux-mêmes dans un État libre d’oppression, ou de bénéficier de droits égaux dans le cas où Israël annexerait leurs territoires.»

« Un Palestinien, déclare Zohar à Hecht, n’a pas droit à l’autodétermination puisqu’il ne possède pas la terre de ce pays. Parce que je suis une personne honnête, je veux bien qu’il réside ici, s’il y est né et qu’il y vit, et je ne lui demanderai pas de partir. Mais je suis au regret de constater qu’ils souffrent d’un grand désavantage : ils ne sont pas nés juifs.»

«On peut en déduire que même si les Palestiniens se convertissaient en masse, qu’ils se laissaient pousser des boudins et étudiaient la Torah, cela ne leur serait d’aucun secours. Telle est la situation des demandeurs d’asile soudanais et érythréens et de leurs enfants, qui sont des Israéliens à tous égards. Il en était de même avec les nazis. Puis vient l’apartheid, qui pourrait dans certaines circonstances être imposé aux Arabes citoyens d’Israël. Mais cela n’a pas l’air de préoccuper la majorité des Israéliens.»

(traduction de CAPJPO-EuroPalestine)

Source: http://www.europalestine.com/spip.php?article13851

Distribué par PAJU (Palestiniens et Juifs unis)

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