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« QUE CESSE L’OCCUPATION ! » PAJU No 863, 25 août 2017: Le nouveau plan « de paix » de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud

Date de publication : 2017-08-25

par Ali Abunimah

Benjamin Netanyahu propose que les citoyens palestiniens d’Israël soient déchus de leur citoyenneté dans le cadre d’un accord de « paix » qui les placeraient dans une future entité palestinienne.

Le premier ministre israélien a récemment déclaré à des élus américains, selon un article paru dans Haaretz, que « les communautés arabes israéliennes pourraient être placées sous contrôle palestinien » dans le cadre d’un accord sur le statut final. « En échange, » rapporte le journal basé à Tel-Aviv, « Israël annexerait des colonies de la Cisjordanie. »


Sommaire de l'article

  1. Le nouveau plan « de paix » de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud
  2. Le nouveau plan « de paix » de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud
  3. Le nouveau plan « de paix » de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud

Le nouveau plan « de paix » de Netanyahu est directement inspiré de l’apartheid d’Afrique du Sud

Benjamin Netanyahu propose que les citoyens palestiniens d’Israël soient déchus de leur citoyenneté dans le cadre d’un accord de « paix » qui les placeraient dans une future entité palestinienne.

Le premier ministre israélien a récemment déclaré à des élus américains, selon un article paru dans Haaretz, que « les communautés arabes israéliennes pourraient être placées sous contrôle palestinien » dans le cadre d’un accord sur le statut final. « En échange, » rapporte le journal basé à Tel-Aviv, « Israël annexerait des colonies de la Cisjordanie. »

Communément appelée « transfert, » cette proposition équivaudrait à un nettoyage ethnique. Ce n’est pas une idée nouvelle, mais le fait que Netanyahu l’aborde représente une étape supplémentaire pour le gouvernement israélien vers l’adoption formelle de pratiques considérées comme tabou par le passé par de nombreux Israéliens.

La zone que Netanyahu convoite – au moins dans un premier temps – est Wadi Ara, une région au Nord, incluant la principale ville, Umm al-Fahm. Environ 1,5 million de Palestiniens ont la citoyenneté en Israël. Ils sont les survivants et les descendants de la Nakba, le nettoyage ethnique sioniste de la grande majorité de la population palestinienne de ce qui devint l’État d’Israël, avant et après qu’il soit établi en 1948.

L’idée que cela serait un « échange » est clairement absurde, car, pour commencer, rien de ce que Netanyahu propose d’échanger n’est à Israël : les colons de la Cisjordanie vivent sur une terre volée aux Palestiniens en violation du droit international.

En outre, les droits des citoyens palestiniens d’Israël – qui, dans le cadre d’une telle mesure seraient privés du droit à déterminer leur propre sort sur leur terre de naissance – ne sont pas des cadeaux d’Israël, établi chez eux avec force et violence à leurs dépends.

Les soi-disant échanges de populations nous rappellent à un passé sombre; ils furent pratiqués avant l’ère moderne, lorsqu’il était admis que les monarques traitent les populations comme leurs propriétés.

Mais la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et autres standards entérinés après les atrocités de la Deuxième Guerre mondiale, donnèrent des droits aux individus et rendirent illégaux le déplacement forcé et la destitution arbitraire de citoyenneté et de nationalité. Mais comme je l’explique dans mon livre de 2014 La bataille pour la justice en Palestine, l’affirmation d’Israël au « droit d’exister en tant qu’état juif » ne peuvent être réalisées sans violation massive et constante des principes les plus fondamentaux des droits humains, égalité et antiracisme.

Logique de l’apartheid

On peut la voir en suivant la logique de la proposition de Netanyahu. Il parle du transfert comme faisant partie de l’accord pour un « statut final ». Mais quel genre de « paix » Netanyahu envisage-t-il? Dans sa première rencontre à la Maison-Blanche avec le Président des États-Unis Donald Trump en février, le dirigeant israélien ne s’est engagé explicitement dans aucune sorte de « solution à deux états. »

Il insista, cependant, pour que dans tout accord, les Palestiniens doivent reconnaître qu’Israël est un « état juif » et qu’il « doit maintenir un contrôle sécuritaire prépondérant sur la totalité de la zone à l’ouest du Jourdain. »

Donc en additionnant tous ces éléments, le plan de Netanyahu consisterait à « prendre » les Palestiniens en Israël, qui possèdent actuellement des droits en tant que citoyens – quoique limités par la loi et inférieurs aux Juifs, et à les déplacer là où ils n’auraient aucun droit, tout comme le reste des Palestiniens sous occupation militaire israélienne perpétuelle.

En mars, un remarquable rapport de l’ONU conclut qu’« Israël a établi un régime d’apartheid qui domine l’ensemble du peuple palestinien. » « La mission de préserver Israël en tant qu’État juif a inspiré, voire contraint, Israël à poursuivre plusieurs politiques raciales générales, » explique le rapport. Ceci comprend « l’ingénierie démographique dans le but de constituer et de maintenir une majorité juive écrasante en Israël ».

La dernière proposition de Netanyahu correspond précisément à ce modèle, et par conséquent confirme une nouvelle fois qu’Israël pratique un régime d’apartheid. Le rapport de l’ONU note également qu’alors qu’Israël maintient un système démocratique formel pour les citoyens de l’état, il interdit quiconque d’utiliser ce système pour défier l’organisation fondamentalement raciste du régime : « La loi israélienne interdit l’opposition palestinienne organisée à la domination juive, en la rendant illégale et même séditieuse. » Netanyahu fermerait la porte à la simple menace que les citoyens palestiniens d’Israël utilisent leur vote pour défier cette domination en les dépouillant de leur citoyenneté.

Bantoustans

Le rapport de l’ONU, rapidement supprimé par le Secrétaire général de l’ONU à la demande de l’Amérique, souligne qu’il ne compare pas directement Israël à l’Afrique du Sud. Il mesure plutôt Israël à la définition du crime d’apartheid dans le droit international, qui est incluse au statut fondateur de la Cour Pénale Internationale. La proposition de Netanyahu suit pourtant de près le précédent créé par l’apartheid de l’Afrique du Sud. Alors que le régime raciste était soumis à une pression accrue pour mettre fin à la suprématie blanche à la fin du 20e siècle, il créa un système de “ bantoustans ”, théoriquement des états indépendants gouvernés par les Noirs.

Si les Noirs voulaient voter, le gouvernement d’apartheid les invitait à prendre la citoyenneté de l’un de ces bantoustans – bandes de terres pauvres, étendues à travers des régions isolées de l’Afrique du Sud.

Il existe cependant une différence clé : contrairement à l’Afrique du Sud dont les bantoustans rencontraient un rejet universel, nombreux sont ceux dans la soi-disant communauté internationale, dont Barack Obama quand il était président, qui ont adopté avec enthousiasme la conception raciste et ségrégationniste d’Israël avec le slogan “deux états pour deux peuples.”

Une troisième Nakba?

L’autre adepte clé est Tzipi Livni, l’ancienne ministre des Affaires étrangères, soi-disant “pacifiste”, qui est recherchée pour interrogatoire, dans le cadre des enquêtes sur les crimes de guerre, par les procureurs de plusieurs pays.

En 2007, Livni a déclaré : “ l’état palestinien à établir ne sera pas une solution seulement pour les Palestiniens qui vivent en Judée et Samarie la Cisjordanie. Il est dessiné pour apporter une solution nationale complète – pour ceux vivant en Judée et Samarie, ceux dans les camps de réfugiés, et même pour les citoyens arabes d’Israël.”

Faisant partie du gouvernement d’Ehud Olmert la même année, Livni a officiellement soumis l’idée de transfert aux négociateurs palestiniens, expliquant : “Notre idée est de se référer à deux états pour deux peuples. Ou deux états nations, Palestine et Israël, vivant côte à côte, en paix et en sécurité, chaque état constituant la patrie de son peuple et la réalisation des aspirations nationales et l’autodétermination.”

Puisqu’aucun dirigeant israélien n’a jamais sérieusement proposé de donner à un état palestinien les mêmes droits et la même souveraineté qu’Israël exige pour lui-même, ces déclarations sont des appels à peine déguisées à la perpétuation du processus historique sioniste de déposséder les Palestiniens et d’appeler cela la “ paix.”

Il y a quelques jours, le ministre israélien Tzachi Hanegbi a même menacé les Palestiniens d’une « troisième Nakba », en référence au nettoyage ethnique israélien des Palestiniens en 1948 et 1967. Certains se demandent si la dernière proposition de Netanyahu est ce à quoi il faisait référence.

Traduction : Lauriane G. pour l’Agence Média Palestine

Adapté de: http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/07/29/le-nouveau-plan-de-paix-de-netanyahu-est-directement-inspire-de-lapartheid-dafrique-du-su/

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